Les Goliotiques

"Les Goliotiques, c'est pas du toc !" (Démosthène).


24 novembre 2010 : REVALORISER L'ENSEIGNEMENT PROFESSIONNEL
Message adressé à Louise Tourret et Florian Delorme, pour l'émission Questions d'époque (France Culture) du 22 novembre 2010

Bonjour.
Vous cherchez comment revaloriser l'enseignement professionnel.
Je pense que la solution : l'enseignement pro donne accès à l'université n'est pas la plus appropriée, puisqu'il s'agit de l'instrumentalisation d'un type d'enseignement afin d'atteindre un autre type (je suis du reste tout à fait pour, j'essaie de raisonner en toute logique). A mon avis, l'enseignement professionnel sera revalorisé lorsque les professions auxquelles il donne accès seront rémunérés au même niveau que les autres professions : par exemple, lorsqu'un chef de chantier ou un contremaître (donc des gens professionnellement qualifiés) gagneront autant que, au hasard, les animateurs de talk-show sur France-Culture. Je suppose qu'il faudrait élever ces salaires, et peut-être diminuer ceux des animateurs de talk-shows (bien qu'ils, ou elles, aient fait des études supérieures...). Peut-être ceux des sociologues de l'éducation, aussi, et de bien d'autres.
Finalement, la logique, ce n'est pas forcément amusant !
Amitiés.


 

20 octobre 2010 : BRAVO, L'AMI PASCAL ou PORTRAIT DE PASCAL BLANCHARD EN CRITIQUE "OBJECTIF".
Message adressé à Libération le 20 octobre 2010

 

Bonjour.
Dans le Libération des historiens (vendredi 15 octobre) j’ai trouvé extrêmement malvenu l’article de Pascal Blanchard (Le culturalisme et ses faux tabous) dirigé contre le livre d’Hugues Lagrange Le Déni des cultures. Pascal Blanchard procède sur un mode purement polémique et insinuatif, permettant de dévaloriser le livre et son auteur sans se fonder sur des éléments concrets qui permettraient de construire une critique.
Je ne donnerai qu’un exemple :
« sa thèse culturaliste (expliquer les comportements des individus par leur culture d’origine, on disait encore « race » au temps des colonies) offre une caution « scientifique » aux politiques qui se mettent en place ».
Mon commentaire : dans ces trois lignes, Pascal Blanchard insinue
1) qu’Hugues Lagrange est (objectivement) au service du sarkozysme
2) que sa théorie relève de la pensée coloniale, fait masqué (mais démasqué par PB) par l’emploi du mot culture à la place du mot race.
D’autre part il donne de la théorie de HL une version qui n’est pas celle que j’ai perçue à l’écoute des explications de HL. En effet, selon celui-ci, ce n’est pas la culture des intéressés qui les rend délinquants dans des proportions supérieures à celle d’autres populations immigrées, mais les contradictions entre certains éléments de leur culture d’origine et la situation qu’ils vivent en étant transplantés. HL ne renvoie pas les Noirs du Sahel à leur culture (ni de façon cryptique à leur race), mais nous renvoie aux conditions faites à ces populations dans notre pays. De même que l’alcoolisme anormal des Inuits ou des Amérindiens n’est pas la conséquence de leur culture traditionnelle mais est due leur situation dans un monde désormais dominé par la culture européenne/américaine et ou leur culture est très largement dévalorisée.

Si je devais critiquer le livre d’Hugues Lagrange, je poserais donc trois questions :
a) est-ce qu’il démontre de façon satisfaisante que la délinquance est supérieure ches les Noirs sahéliens immigrés en France par rapport aux immigrés du Maghreb ?
b) si oui, est-ce qu’il tient correctement compte d’autres facteurs explicatifs possibles non culturels (ancienneté de la tradition d’immigration, types d’emplois occupés, etc.) ?
c) si oui, est-ce que les facteurs culturels qu’il avance (culture étant pris au sens large, incluant notamment la structuration des familles) sont correctement analysés par rapport au problème posé ?
Je pense qu’une telle démarche critique est une démarche constructive, et permettrait d’épargner au lecteur des énoncés tels que :  « sa stratégie marketing est parfaite », « analyses très personnelles et conclusions générales d’un simplisme incroyable », « le tour est joué », « il n’a pas « véritablement » rencontré ces « immigrés », juste discuté avec l’encadrement dans les usines » (ce n’est pas d’HL que PB parle ici, mais de Georges Mauco, géographe/sociologue des années 30 à 50 ; je me demande pourquoi il lui consacre le tiers de son papier).
Cela éviterait aussi d’utiliser les guillemets pour une autre raison que pour des citations.
Salutations cordiales


 

29 octobre 2010 : L’INFLUENCE DE WALT DISNEY SUR LE VOCABULAIRE DES JEUNES GENERATIONS. UN DEBUT D’ANALYSE STRUCTURALE.
Message adressé à Libération le 29 octobre 2010 à propos d'un article de Véronique Soulé vers le 22.

 

Bonjour.
Je ne doute pas en effet que Véronique Soulé soit jeune.
Néanmoins, contrairement à ce qu’on pourrait croire en regardant "Blanche-Neige et les 7 Nains", la norme linguistique du français pour désigner une « personne chargée d’enseigner les enfants et adolescent au niveau secondaire » n’est pas PROF mais PROFESSEUR.
PROFESSEUR n’est nullement un avatar abusivement précieux de PROF (en revanche, on pourrait s’interroger à propos de la translation INSTITUTEUR > PROFESSEUR DES ECOLES).
En conséquence, je vous adjure d’autoriser, voire d’encourager, Véronique Soulé à employer le mot PROFESSEUR (une ou deux fois par article, au début) lorsqu'il lui arrive d'écrire quelque chose sur l'Education nationale.
Cordialement.
Jacques Goliot, Nantes.
Ex-instit'.



31 octobre 2010 : LES INFIRMIERS ANESTHESISTES MAUDITS.
Message adressé à Libération le 29 octobre 2010 à propos d'un article d'Eric Favereau du 28.


Bonjour.
Je me permets de vous faire part d’une certaine surprise ressentie à la lecture de l’article d’Eric Favereau (28 octobre). Eric Favereau en effet n’informe que de façon très marginale sur la grève des infirmiers anesthésistes : avant tout, il prend parti, en l’occurrence contre les personnels dont il parle. Ne serait-ce que dans le titre « ces infirmiers corporatistes ». Mais cela ne lui suffit pas.
Eric Favereau regrette qu’ils aient « bénéficié de la sympathie de l’opinion » et entreprend donc de dresser un réquisitoire sans indulgence pour qu’au moins le lecteur de Libération soit désormais un abhorrateur, et non plus un adorateur, des infirmiers anesthésistes : déjà, « ils sont majoritairement des hommes » ; « défendent bec et ongle leurs avantages » (ce sont donc de drôles d’oiseaux !), « défendent ce qu’ils sont seuls à avoir : le droit à l’exclusivité », « ont fait grève aux limites de la légalité », , « se prennent pour des médecins », « sont souvent méprisants avec les simples infirmières » (qui sont majoritairement des femmes !), ne sont pas « les plus à plaindre » côté salaire, font (en majorité) des heures supplémentaires dans le privé et doublent (parfois) leur salaire, ce qui « est une pratique totalement illégale ».
Fichtre.
Eh bien, malgré cela, « tout le monde laisse faire » et « le mois dernier, le ministère de la Santé a fléchi devant leurs revendications » (forcément, Bachelot, elle en a pas). On n’est plus dirigé (Sarko, démission !).
Or, après avoir regardé la liste des revendications de ces tristes sires :
1) étant donné que les infirmières ont obtenu la licence pour trois ans d’études, les infirmiers anesthésistes, qui font deux ans de formation en plus, ont demandé le master,
2) ils ont demandé le maintien de leur exclusivité,
je me pose des questions :
Cela valait-il la peine que le ministère de la Santé engage un bras de fer (qui a du reste été perdu) ?
Cela valait-il la peine qu’un journaliste de Libération produise un article d’humeur aussi délicieusement stalinienne ?
L’opinion d’Eric Favereau mise à part, on n’apprend pas grand-chose : Qui sont les leaders de ce mouvement « corporatiste » ? Quelles sont les organisations qui ont structuré le mouvement ? Quel avis a été rendu par les organisations syndicales ? Quel était le point de vue des médecins anesthésistes ? Etc. Etc.
Il est incroyable que ce soit une simple lectrice qui doive apprendre son boulot à un professionnel, mais dans ma grande bonté, je me tiens, comme toujours,
A votre disposition.
Anne Sandor, épouse Esztezy.


8 novembre 2010 : AUTEURS DE SCENARI ET LIVREURS DE PIZZE
Message adressé à France Culture le 29 octobre à propos de la Revue de presse internationale de Cécile de Kervasdoué

Bonjour.
Dans sa revue de presse de ce matin, Cécile de Kervasdoué a indiqué, à propos du destin tourmenté de l’Union européenne, que « tous les scénaris catastrophe semblaient ... possibles », mais ne se sont finalement pas produits.
Je souhaiterais lui poser plusieurs questions :
1) est-ce qu’il faut mettre un accent aigu sur le e de scénaris ; en effet, dans mon Larousse 1996, il est indiqué que « scénario » s’écrit avec un accent aigu ?
2) est-ce qu’il faut écrire une s à la fin de scenaris ?
En bref : faut-il écrire scenari, scénari, scenaris ou scénaris ?
Bon, je ne vais pas insister lourdement dans le registre de la fausse naïveté et en venir au fait en posant la seule question qui vaille : Cécile de Kervasdoué a-t-elle conscience d’être légèrement pédante en disant scenari au lieu de scénarios (comme y incite mon Larousse 1996, en n’indiquant pas de pluriel particulier pour « scénario »)? A quoi cela rime-t-il au juste ? A montrer qu’elle connaît l’italien ? Mais alors, il faudrait prononcer chénari, comme c’est l’habitude des Italiens. Sans parler de l’accent tonique : non pas chénaRI, mais chéNAri… Par ailleurs, si au cours de sa revue de presse, elle était amenée à parler des livreurs de pizzas, lui viendrait-il à l’esprit de dire : les livreurs de pizze ? Pourquoi le mot « scénario » est-il la victime de prédilection de ce syndrome, qui, je le reconnais, ne touche pas seulement Cécile de Kervasdoué, mais est l’indice, certes ténu, du snobisme linguistique d’une partie de la classe médiatique et intellectuelle. Désolé de terminer par une phrase aussi sérieuse.
Cordialement.
Antonio Gelati, Nantes.

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