Divers et menu fretin

Les chasses de ce con de Madoff (2 juin 2010)

Martine Aubry a bien mal agi en se servant d’un outil dont la complexité dépasse de loin, la compréhension d’un dirigeant UMP, fût-il Premier ministre. Le spectacle des mines atterrées de MM. Lefèvre et Fillon dans le JT de France 2, au soir de ce jour mémorable (le 30 mai 2010) le prouve amplement. En revanche, il est surprenant de lire dans Libération le 31, à propos de ce qui n’est rien de plus qu’une métaphore : « Du brutal ! », même si le rédacteur de l’article s’en réjouit implicitement. Libération, le quotidien spécialiste de l’humour et du jeu de mots !
Supposons que Martine Aubry ait prononcé la phrase suivante : « Et, à Nicolas Sarkozy, je dis, en toute franchise, ce que je pense et ce que je souhaite : Casse-toi, pauvre con ! », on serait fondé à dire, tel Xavier Bertrand, « qu’elle s’est disqualifiée pour toute fonction de responsabilité ». On n’imagine pas, en effet, un éventuel futur candidat à la candidature pour la fonction de Président de la République française s’exprimer de façon aussi originale.
Mais rapprocher les noms de Nicolas Sarkozy et de Bernard Madoff… D’autant qu’il ne s’agit pas de dire que Sarkozy, c’est kif kif Madoff, mais d’établir une analogie entre des situations. Constatant l'incompréhension de plusieurs de nos leaders d’opinion, je me suis permis d’établir le début d'une double liste de métaphores de structure fanalogue à celle construite par Martine Aubry (ou, suivant Libération, par Guillaume Bachelay), afin de les entraîner à une activité qu’ils ont trop négligée : réfléchir avant de parler.


Nicolas Sarkozy impulsant une politique de rigueur, c’est

*Bernard Madoff donnant un cours de comptabilité…

 mais aussi : 

Liste 1
*Giacomo Casanova prônant la fidélité conjugale indéfectible…
*Gilles de Rais réclamant le poste de Défenseur des enfants… (Heureusement il a été supprimé)
*Jack l’Eventreur organisant des travaux pratiques d’anatomie…
*Augusto Pinochet découvrant que les stades peuvent servir à faire du sport…
*Adolf Hitler faisant une conférence sur la valeur de l’Ancien Testament...
*etc.
Il est parfaitement évident que ces métaphores n’induisent aucune équivalence entre Nicolas Sarkozy et les personnages historiques cités, quels que soient les bons côtés méconnus de leurs personnalités (celle de Casanova mis à part).

 

Liste 2
Nicolas Sarkozy prônant une politique de rigueur, c’est aussi un peu
*Emmanuel Kant faisant l’éloge du bling bling…
*Saint François d’Assise prenant un abonnement illimité au Fouquet’s…
*Christophe Colomb échangeant la Santa Maria contre un week-end sur le Paloma…(il aurait dû l'échanger contre la Pinta)
*l’abbé Pierre participant à une manifestation de citoyens de Neuilly pour la défense de l’environnement et de l’architecture traditionnelle…
*etc.
Il est bien évident que ces métaphores n’induisent pas la moindre analogie entre Nicolas Sarkozy et ces personnages historiques, même si nombreux sont les reproches qu’on pourrait leurs faire !

 

L'objectivité d'Alain Duhamel (Libération, 8 avril 2010) :

La chronique d'Alain Duhamel dans Libération, 8 avril 2010, portait sur Le bouclier fiscal, cet incongru totem. D'où ce message adressé au Courrier des lecteurs.

POUR ALAIN DUHAMEL

Bonjour.

On voit bien que vous restez parfaitement objectif face à l'hallali contre le bouclier fiscal, véritable lynchage médiatique, auquel participe le support de vos chronique, Libération, ce jour-même. Vous parlez à juste titre de "diabolisation". Vous montrez parfaitement que les intentions de Nicolas Sarkozy étaient louables : valoriser le travail. Il était donc parfaitement logique de placer tous les revenus sous l'égide du bouclier. Car s'il est vrai que les "riches" ont surtout des revenus de patrimoine, ils peuvent correspondre à des placements, des économies, de l'épargne, effectués sou après sou par leurs ancêtres, grands-parents, arrière-grands-parents, arrières-arrières-grands-parents (ajouter un "arrière" pour chaque génération antérieure), sur les fruits de leur dur labeur quotidien (par exemple : l'organisation - difficile, aléatoire, peu rentable -  de convois maritimes entre la France, l'Afrique et l'Amérique, pour certaines grosses fortunes nantaises).

Trouveriez-vous normal que des fruits de ce travail, même ancien, plus de la moitié soit captée par un Etat rapace et confiscateur ? Non, vous ne trouvez pas cela normal et l'on ne peut que vous en féliciter.

Cordialement.
Jacques Goliot.

 

Magnanimité de Laurent Joffrin

Dans Libération de samedi (27 mars 2010), Laurent Joffrin veut faire preuve de sa grandeur d’âme (non à la censure) et de son objectivité sans faille – pierre de touche du grand professionnel qu’il est – en disant « Le tort de la chronique de Guillon c’est qu’elle n’était pas drôle ». Cela prouve qu’il ne comprend pas grand-chose à l’humour.
En effet, de deux choses l’une : ou bien Besson ne dit rien, et « l’œil de fouine » et le « menton fuyant » passent à la trappe, n’existent pas, ne sont ni drôles ni pas drôle; ou bien Besson en parle : et c’est le moment m^me où ces deux formules deviennent drôles, comme provocation gratuite à laquelle Besson n’a pas su résister, se manifestant de ce fait comme un tyran impuissant et grotesque. Dans cette  conjoncture, les deux formules deviennent évidemment de la caricature.
Autre preuve de grandeur d’âme et d’objectivité de Laurent Joffrin, mais tout aussi inappropriée : la balance qu’il établit entre « humour de gauche » et « humour de droite », qu’il faut selon lui traiter de la même façon (Stéphane Guillon comme Eric Zemmour). En fait, il y a une autre différence qui lui échappe manifestement : c’est que l’attaque de Stéphane Guillon ne contient ni n’implique aucune menace pour Eric Besson (sauf celle de se ridiculiser, d'être le bourreau de lui-même), alors que la remarque d’Eric Zemmour contient, en la justifiant, une menace pour ses cibles (les Noirs et les Arabes).

 

Alix, Biseau et Losson-t-ils des adeptes du triolisme idéologique ?

Le mardi 25 août 2009, Libération proposait l'article Six pistes pour limiter les bonus dans lequel on pouvait lire ceci :

 J’ai donc adressé le message suivant à Libération :

 Bonjour.

 Dans le numéro du 25 août, Christophe Alix, Grégoire Biseau et Christian Losson écrivent (ensemble-t-il) : Confer page 2, colonnes 2 et 3, Piste 1 (un peu rayée).
Trois beaux[1]  mecs comme eux n'ont-ils rien à faire de plus intéressant à trois[2]  que de pondre d'aussi affligeantes platitudes.
Non seulement ils répondent à une question qui n'était pas posée, puisqu'il s'agissait des bonus des traders et non pas des primes des sous-fifres (17 000 ! Quand même ! On aura au moins appris cela : on n'imaginerait pas qu'il y ait autant de parasites dans cette banque), mais ils nous sortent le grand jeu de la larme à l'oeil : Toucher aux riches, c'est blesser les pauvres. Lagarde nous l'avait jouée realpolitik (Désolé, Christine, c’est de Bismarck, mais vous ne connaissez pas ! Traduction pour les membres de l’UMP : "gros bon sens UMP") : Il ne faut pas faire fuir les meilleurs. Eux trois font dans la culpabilisation... Lagarde est de droite, eux de gauche... C'est rassurant.

 Je propose, pour une prochaine couverture :
SUPPRESSION DES BONUS
Les vraies victimes
Photo : Un employé de la BNP assis (habillé, mais la cravate légèrement dénouée) sur la terre craquelée (métaphore de l'assèchement des circuits bancaires).

Amitiés.
Jacques Goliot.


[1] Pure flagornerie. Je ne connais ni l’un, ni l’autre, encore moins le troisième.
[2] Former une équipe de pétanque, par exemple.

 

Un point de détail de la pensée de François Dubet

Dans le Nouvel Observateur, n° 2338 du 27 août 2009, on peut lire, page 29-32,  dans la rubrique « Les Débats de l’Obs », un entretien de François Dubet et Richard Descoings avec Patrick Fauconnier, Caroline Brizard et Jacqueline de Linares, intitulé « Les maux de l’école ». Dans cet entretien, j'ai relevé un détail qui m'a amené à adresser le message suivant à François Dubet

Monsieur,

 Je me permets d’intervenir à propos de votre entretien dans le Nouvel Observateur, n° 2338 (« Les maux de l’école »). Cet entretien, dans laquelle vous dites beaucoup de belles choses, m’a en revanche un peu surpris lorsque j’ai lu la phrase suivante :
« Si les enseignants étaient syndiqués à la CGT ou à la CFDT plutôt que dans des syndicats qui leurs sont exclusivement réservés, ils n’oseraient pas expliquer à leurs collègues salariés d’entreprise, ouvriers, techniciens… qu’il faut orienter vers l’enseignement professionnel les élèves en difficulté ».
Je vous ferai remarquer, puisque vous semblez l’ignorer, qu’il y a des enseignants syndiqués à la CGT ou à la CFDT, ou plutôt, pour dire les choses avec l’exactitude requise, des enseignants adhérents à des syndicats appartenant à la CGT ou à la CFDT.. Il existe aussi des syndicats appartenant à FO, à l’UNSA, à Sud, à la CGC, voire à la CFTC. En ce qui concerne la CFDT, le syndicat s’appelle le SGEN, Syndicat général de l’Education nationale, dont une caractéristique est de syndiquer dans les mêmes sections d’établissement les enseignants et les autres catégories de personnel (agents, secrétaires, surveillants, etc.).
Il me semble donc que ce que vous avancez sur le syndicalisme enseignant relève plus du café du Commerce que de la sociologie universitaire, dont vous êtes pourtant un maître incontesté. Or, si vous faites des bourdes sur de tels détails, est-ce que cela ne risque pas de décrédibiliser votre thèse générale, aussi juste qu’elle puisse être ?
Surtout si on tient compte du fait que vos propres enfants n’ont probablement pas suivi la voie professionnelle, malgré l’importance que vous lui accordez, à juste titre, en souhaitant qu’on y envoie aussi des élèves qui n’ont pas de difficultés. Mais il est possible que je me trompe sur ce point.
Je vous prie d’agréer, Monsieur, l’expression de mes sentiments de profond respect.
Jacques Goliot.

 

Eric Le Boucher est-il con de par en par ou seulement sur les bords ?

Le 6 décembre 2006, Eric Le Boucher, alors journaliste au Monde, publiait l’article suivant dans la rubrique Econfrictions :

 Le jour même, je lui adressais ce message, sous un alias qui ne saurait qu'être cher à son coeur :


Monsieur,
J’ai inCONtestablement CONscience de l’inCONgruité, que vous n’aurez pas manqué de relever dans mon incipit : j’aurais en effet bien évidemment dû écrire « Eric Le Boucher est-il con de part en part ou seulement sur les bords ?  », et non pas « Eric Le Boucher est-il con de par en par ou seulement sur les bords ? » ! Mais ce n’est qu’un rendu pour un prêté (intérêts selon le taux directeur de la B.C.E., organe auquel il ne faut jamais manquer de rendre les plus vifs
[1] hommages !), puisque dans votre article – remarquable de par en par – intitulé « Le temps des super-riches », vous exaltez (colonne 3, ligne 20) « un mode de vie qui tend à devenir semblable de part le monde ».
Après quoi, je ne ferai qu’évoquer d’autres éléments infiniment moins importants. Je dirai simplement que le spectacle d’un journaliste dégoulinant de complaisance à propos d’une « période aussi favorable aux riches », haletant avec concupiscence au spectacle des « opportunités inédites de s’enrichir et de faire fructifier son argent », affirmant que « la fortune vient sourire à un plus grand nombre d’ambitieux », et aussi raide que vous l’êtes dans ses bottes face au « sentiment de conditions de vie qui se dégradent pour une partie de la population » est à la limite de l’obscénité.

D. RICARDO
Nantes
 

BLOC-NOTE
Ce message n'appelait clairement aucune réponse.
Il n’en a pas eu.


[1] Ou : les plus vils ; le manuscrit est ici très abîmé [note du CGPME : Comité goliotique de philologie et de méthodes d'écriture)]

 

 

 

 

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :